Arteline-Ha


En attendant dimanche

dimanche

Flânerie attentive à travers les rites encore vivants (?) qui jalonnent le dimanche comme autant de repères… Une atmosphère, un état d’âme plutôt qu’un lieu réel !

Elisa Fantozzi – Sculpture et vidéo

Vernissage :
le vendredi 2 mai à partir de 18 h
le dimanche 4 mai : goûter à partir de 16h30

Exposition les 2, 3 et 4 mai 2008 de 15 à 20 h

Le Plus Petit Commun Multiple (PPCM) // 51 rue des Tilleuls // 30000 NÎMES
Avec le concours de la DRAC Arts plastiques LR, du Conseil Régional Languedoc-Roussillon et du Conseil Général du Gard.

Retour de résidence vidéo au PPCM

•Les résidences vidéo et leur diffusion sont proposées par les artistes Maurin et La Spesa. C’est une aide à la réalisation de documents audiovisuels à partir d’un projet proposé par l’artiste ; un échange de compétences techniques mais aussi intuitives, une écoute et un engagement à la réflexion collective, des moments privilégiés de rencontres de travail.

•Elisa « Lili » Fantozzi est venue faire une première session en décembre 2007, à Congénies, pour la vidéo « T’as perdu le pari », présentée en mars 2008, à Montpellier, sous forme d’installation au Carré Sainte Anne sous le titre : « Desperate world case », dans le cadre de l’exposition « Sète : État des lieux, dans quel monde vivons nous ? ». Le second travail de montage est effectué ce printemps à partir d’un projet vidéo sur le thème du dimanche, entre New-York et la France, initié en septembre 2004, à Cintegabelle (résidence à l’hotel Ferriol).
C’est ce dernier projet qui va donner sa couleur à l’exposition « En attendant dimanche ».

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Artelinea -créée en 1999 sur le territoire des Pays de Sommières- est une association culturelle régie par les dispositions de la loi 1901. Elle a pour but la promotion des arts plastiques et visuels contemporains et elle opère dans le souci constant d’une dynamique de sensibilisation du public aux nouvelles formes artistiques.

 

  

 

 

 

Lettre à Lili

Chère Lili,

En attendant dimanche, en attendant le bonheur, en attendant la Mahatma, ton retour, l’prochain Noël, Marcel ou Godot… en attendant que toi et nous devenions enfin des artistes incontournables et salués de tous, …
ta petite enquête sur ce que (diable) font les autres de leurs dimanches m’a drôlement remuée. Les dimanches de mon enfance me laissent encore à présent où je choisis mes célébrations, un souvenir asphyxié ! Cellule familiale et claustrophobie ordinaire, messe, fleurs, repas, crépuscule angoissant, l’inachèvement des devoirs scolaires et son cortège de prières au petit Jésus pour le lundi …
Mais toi ! toi, le dimanche, tu en profites ! Pour faire durer longuement le petit déjeuner, parfois pour avancer ton travail pendant que les autres prendront du retard sur le leur, et souvent pour rêvasser, t’extraire et arborer cet air qui te sied si bien, ce regard du dedans sur des pensées légères qui passent sans qu’on les retienne, l’immanente intimité de ce qui est, la sensation de soi, juste ça.
Un intellectuel sur Fance Culture affirmait fièrement l’autre jour : «je n’ai pas plus de vie intérieure que cette chaise que vous voyez là, cessez donc ces idioties ». Comme le dimanche doit être éprouvant pour un homme sans idiotie !
Le dimanche pourrait devenir un temps suspendu où l’on peut rester un peu cachés, ne pas être dérangés par un téléphone professionnel, être « en absence », et pourtant ce temps deviendrait l’espace de l’existence crue et nue, désarmée et sans motif, un état de veille, d’attente et de disponibilité propice à toutes les aventures immobiles… La Fantozzi le sait, elle qui a surtout bien fait attention à ne pas ranger sa panoplie de fée et sa boite de couleurs, dit d’elle Serge Mafioly dans « Une leçon de bonheur », elle qui a mis de son côté tous les saints et la vierge Marie, gardant de ses origines peut-être une superstition bon enfant, celle qui ne peut pas faire de mal, celle qui fleurit chaque semaine les niches des protecteurs en plâtre peint des coins de rue de Naples.
Lili, tes 2 derniers autoportraits, ceux que tu as appelés « envie d’être en vie » (Je salue ta référence populaire à la chanson de Johnny) sont des représentations de cette attente solitaire, de cette mise en repos de l’agitation physique, Elisa qui dort bien sûr (parfaitement, quand on dort, on vit aussi!), mais surtout Elisa qui attend assise et pomponnée comme à la ville, quelque chose du ciel. Rien plus que cette simple sculpture à l’échelle 1, ne pouvait mieux nous porter vers cette reconnaissance de l’aspiration à une vie plus profonde, au désir d’un rapport au monde plus vibrant, plus chaleureux, plus confiant… Demandez, et il vous sera accordé (Il y a des airs de St Jean dans cette injonction, non ?) Enigmatique espérance !
Pour les premiers jours de mai, nous serons heureux d’installer avec toi au PPCM les quelques pièces qui constitueront une atmosphère placide axée sur la verticalité. Et le dimanche, nous serons contents…
Qu’est-ce qu’on fait maintenant qu’on est contents?

Des bises.

Maurin et La Spesa

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