Arteline-Ha


Annlor Codina

«Pendue» - Photographie Annlor Codina

Annlor Codina sera au PPCM le 25 septembre 2010

« J’ai grandi au-dessus de l’atelier de mon père forgeron/serrurier ; de cette proximité métallique j’ai gardé un goût pour la matière brute et sa transformation, pour les bruits répétitifs et mécaniques.

Avant d’entreprendre des études artistiques, j’ai vadrouillé et expérimenté des modes de vie dits alternatifs. De ce voyage je conserve un goût pour l’errance,  pour les rencontres, pour les trouvailles jubilatoires, pour l’improvisation et l’ingéniosité des astuces, ces tactiques utilisatrices désignées par Michel de Certeau[1] comme micro-résistances. L’univers alentour devient alors espace de jeu et de cueillette. Saisir les occasions, démonter et remonter la réalité. Transformer des entités finies ou déterminées  en matière première pour réinventer le quotidien.

Mes préoccupations artistiques aujourd’hui, interrogent les notions d’ordre et de désordre, leurs constructions, leurs imbrications, leurs complémentarités et leurs transformations. J‘explore la faille dans les systèmes, les dérèglements, à partir de sculptures évolutives ou performatives et d’installations vidéos et sonores.

A travers un procédé général : l’hybridation ou l’assemblage bricolé de mondes parfois antagonistes, je ruse, j’abuse les codes, je pervertis les visions idylliques pour que les objets ou les situations fabriqués, se  soustraient à un usage habituel du monde.

Ma manière de faire emprunte des méthodes issues du milieu «rave» (des musiques alternatives) : mixer le domestique ou les débris, combiner des objets emblématiques, dériver le fonctionnement des produits, raccorder des réalités disjointes.

Les productions de forme et de comportement des compagnies de théâtre de rue influence ma démarche

En utilisant une esthétique «Do it yourself», je fabrique une échappée vers un univers aigre doux à l’onirisme parfois cauchemardesque. »


1 Michel de Certeau,

L’invention du quotidien. 1- arts du faire, Paris, Gallimard, Folio essais 1990

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Jean-Marc Demay
9 novembre 2008, 4:21
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Mon travail se développe de manière aléatoire, au hasard de rencontres, de déplacements.

Les médiums auxquels j’ai recours sont variés (photographie, vidéo, installation, interventions dans l’espace public). Ce sont des moyens spécifiques qui s’imposent devant des situations particulières.

Mon attention se portent sur des événements qui semblent sans importance, pourtant il s’agit toujours d’infiltrer le réel par de légers dérèglements pour activer d’autres questionnements, perturber nos repères habituels, donner une portée singulière à des actions anodines.

J’interviens sur le réel en clandestin.

Jean-marc Demay


Jean-Marc Demay réalise ses travaux à partir des réflexions sur le système des signes qui codifient son quotidien. Par les micro-interventions, souvent liées aux opportunités que lui offre une coïncidence, l’artiste produit de « légers dérèglements » dans le réseau des repères qui délimitent notre perception du réel. Ses recherches interrogent la frontière entre le paysage et l’espace public. (…)

visuel-arbres3

Les séquences qui composent la vidéo Quand les arbres auront des dents constituent un prolongement des interventions de l’artiste dans l’espace public. Le geste dérisoire de secouer un arbre renoue avec sa symbolique traditionnelle de vie et de lien naturel entre les éléments. C’est aussi une manière de repenser son propre engagement : « Mon choix s’est porté sur le motif de l’arbre, invariant du paysage urbain, sorte de résidu artificiel de la nature dans la ville. Non pas le photographier, il est déjà immobile, mais le secouer, le faire trembler et filmer en plan fixe l’action. Ce geste à la fois absurde et dérisoire me permet de toucher le paysage, d’entrer en contact avec cette réalité, parfois de la modifier.

Derrière ce micro-événement il y a l’idée d’agir sur l’espace dans lequel je vis. Cette fable peut alors se rejouer dans n’importe quelle ville, infiniment, sous de multiples variations. »

Anna Olzewska

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