Arteline-Ha


Les coups de coeur de Maurin et La Spesa

 

A eu lieu dans le cadre de la Nuit des Musées, le samedi 15 mai 2010, le vernissage de l’exposition « Mai : Fais ce qu’il te plaît » au PPCM à Nîmes…

 

Communiqué à chaud de Arteline Ha

 

Tous les mots sont pris !
Je voulais utiliser le mot singulier et je navigue entre « art hors normes et art brut ! 1978, Les Singuliers de l’Art / Quelques « habitants-paysagistes » et certains environnements, la maison de Picassiette, le Palais du facteur Cheval, et les autres ! La collection d’Alain Bourbonnais et les autodidactes et leurs œuvres insolites qui avaient échappé à la prospection Dubuffet !!

Je n’ai rien contre eux. Mais ce n’est pas la réalité des propositions de ce jour.

L’autoportrait, cet « art singulier tourné vers soi et parlant des autres »… Ces témoignages intimes et universels à la fois …

Ceux de Gilles Barbier, Marina Abramovic, Boltanski, Maurizio Cattelan, Douglas Gordon, Francis Bacon, Oleg Kulik, Marie-Ange Guilleminot, Mathieu Lorette, Mapplethorpe, Orlan, Tony Oursler, Pierrick Sorrin, Matthew Barney, Pipilotti Rist, Cindy Sherman, Sophie Calle, par exemple…

On dit que c’est à la Renaissance qu’il prend vraiment son essor, lorsque l’individu devient en soi un centre d’intérêt majeur.

Quoi ? Un jour, l’individu ne s’est pas considéré comme seul intérêt au monde, un jour il s’est effacé devant l’appartenance à une communauté d’esprit de sang de biens … pour sa protection pour sa survie … un jour, les tailleurs de pierre et sculpteurs n’ont pas signé leur fond de chapiteau sculptés de saynètes du quotidien ou leurs gargouilles pétantes et monstrueuses…

D’ailleurs, dans mes documents sur l’autofiction, il est dit que du temps de l’antiquité, la subjectivité au sens moderne n’existe pas : personne n’analyse, ne critique ou ne justifie ses états d’âme, ou l’histoire de sa personnalité. On pouvait donc autofabuler sans mettre l’accent sur sa vie intérieure ou une quelconque exaltation narcissique ! Le sujet est un être social ! point barre ! L’homme est « tout au dehors », il ne vit pas pour lui, il n’est pas encore privatisé !

L’autofabulation est une tendance ancienne, donc. Une force bouleversante sans doute une pulsion archaïque du discours. Ce n’est pas un effet de la crise du sujet ou un rejeton de la psychanalyse… et aujourd’hui elle est force discursive, l’instrument idéal pour l’individualisme subjectif qui nous domine…

C’est aller trop vite en besogne que de la condamner comme un phénomène social dénué de valeur artistique… évidemment, un genre qui doit se défendre d’une réputation douteuse et de la confusion avec  le désir de se montrer de tout un chacun.

« Pourvu qu’il sache amuser, le premier venu a le droit de parler de lui-même », disait Baudelaire. Je lui en fais tendrement le reproche, car il donne le bâton pour battre cet art difficile.

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Installations des « Etats provisoires »

États provisoires // Par Jean-Marc Demay et Véronique Thuillier


Ce projet concrétise un travail de résidence vidéo qui s’est déployé sur une année et s’est enrichi de notre rencontre avec Maurin et La Spesa dans le cadre de l’association Artelinea. Il s’articule autour de quatre propositions qui se font écho et pourraient avoir en commun un rapport particulier au paysage, lieu d’errances et de déplacements, et réserve de signes qui nourrissent constamment nos relations au réel. Comme si un glissement continu s’opérait entre deux postures : expérimenter le paysage et douter du réel.

Voici une présentation des deux installations vidéo :

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Hors champ

Carton, carton-plume, médium, calque polyester, peinture acrylique, projection vidéo.

La réplique à l’échelle un demi d’un abri bus situé quelque part aux pieds des Pyrénées Orientales.

En perdant sa fonctionnalité il semble nous rappeler son sens véritable : une micro-architecture conçue pour attendre. Un espace réduit à un minimum d’éléments pour s’isoler du monde momentanément, une sorte de poste d’observation ouvert sur le banal, une machine à contempler le réel. Par un simple retournement, c’est lui qui se retrouve placé sous les projecteurs.

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moins ne serait pas assez

Natacha Lesueur

Natacha Lesueur utilise les aliments comme apparats décoratifs sur le corps de ses modèles, voire même comme des substituts de certains membres qui se trouvent alors transformés au moyen d’un artifice « naturel ». C’est que les aliments se trouvent bien au carrefour de nos besoins (quand ils sont là pour satisfaire la faim) et de nos désirs (quand ils ouvrent, par leurs qualités visuelles par exemple, la porte de la sensualité la plus profonde). Les images de Natacha Lesueur rendent compte, sur le motif, c’est-à-dire sur le corps lui-même, de cette contamination entre deux régimes corporels, dont l’un signerait notre « bestialité » tandis que l’autre ressortirait de notre « humanité ». L’artiste ne l’entend pas de cette oreille : ses images prouvent que le dualisme n’est souvent qu’une manière trop commode de penser notre réalité complexe et foncièrement ambivalente. On retrouve dans ses tirages ce mouvement de balancier propre aux textes de Rabelais, qui nous rappellent que ce qui niche au plus haut de l’esprit ou du coeur a son symétrique dans ce qui remplit le ventre ou s’échappe par les intestins. Avec des oeuvres datées des premières années de Lesueur (1997) et un caisson lumineux récent, « Moins ne serait pas assez » est une démonstration éblouissante de l’unité dont chaque être est porteur. Emmanuel Latreille.

co-commissaires : Maurin et La Spesa

Le PPCM, 51 rue des Tilleuls, 30 NÎMES
Exposition du 7 juin au 6 septembre 2008
Ouvert du jeudi au samedi de 15 à 19 h

Vernissage le 7 juin à 14 h dans le cadre de la Dégelée Rabelais : 30 expositions initiées par la Région Languedoc-Roussillon et le FRAC LR.

Renseignements : infos-generales-degelee-rabelais

Voir aussi : panopticART, une actualité des arts visuels en Languedoc-Roussillon.

 

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