Arteline-Ha


l’entretien

 

Cet article sera le dernier de ce blog « archives 2008-2010 » – Consulter désormais http://artelineha.com

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Jean-Marc Demay . Véronique Thuillier
ENTREPOSTIONS, un atelier-résidence du 10 septembre au 18 décembre 2010

LIVING ROOM Espace de création contemporaine

Ouvertures d’atelier : vendredi 8 octobre, vendredi 5 et 26 novembre /à partir de 18h30
Finissage : Vendredi 17 décembre à partir de 18h30

Cet atelier-résidence reçoit le soutien d’Artelinea pour l’acquisition et le montage vidéo.
 
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L’entretien réalisé à la clôture de cette résidence réunit Jean-Marc Demay, Véronique Thuillier, Maurin et La Spesa pour Artelinea et Valérie Severac pour le Living Room.
Il concerne la résidence de ces deux artistes au Living Room, de octobre à décembre 2010.
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Extrait 1 :
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La Spesa :
Jean-Marc Demay, JMD, est-ce que tu ne nous couves pas un « devenir chinois » avec tes propositions à l’efficacité non tonitruantes produisant malgré cela un effet intense[1] ?JMD :
Je trouve que rien que dans le « JMD », et la manière de le prononcer il y a quelque chose d’oriental ! Sinon, vu mes faibles connaissances sur la Chine actuelle, je préfère voir dans « le chinois », le célèbre ustensile culinaire permettant de réaliser le célèbre plat nîmois « La marmite du pêcheur » que je ne sais toujours pas faire, je crois que j’ai plus un devenir ustensile culinaire.La Spesa :
Déjà avec les séquences vidéo de « Quand les arbres auront des dents » on te voyait secouer des arbres anonymes qui ne t’avaient rien fait… Ça me fait penser à l’article de Julie Pellegrin « Recoloniser l’espace public… »[2] dans lequel était cité Jonathan Swift : « L’objet que je me suis principalement assigné est de tourmenter le monde plutôt que de le divertir » !JMD :
J’aime beaucoup cette citation, j’aime beaucoup aussi Julie Pellegrin, par contre je ne connais toujours pas Jonathan Swift, mais ça doit être quelqu’un de bien pour apparaître dans un Hors série d’Art Press. J’aime beaucoup les exergues, ces courtes citations mises au début des chapitres. Je passerai mon temps à ne lire que ça. Je trouve que c’est encore plus fort quand ça devient un détournement: c’est à dire que la citation est décalée. Par exemple dans un texte sur l’inframince, on pourrait citer… l’inventeur des trois points de suspension ?!

Valérie S :
Moi, je lis Quand les arbres auront des dents[3] comme une action d’inspiration « Fluxus » : simple, décontracté et efficace!
 
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Extrait 2 :
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JMD :
(…) Nous avons un peu mis de côté les projets de sculptures et d’objets greffés à l’espace public. On ne savait pas quelle visibilité, quelle forme leur donner dans l’espace du Living-room, fallait-il d’ailleurs leur donner une forme? Nous savions que le lieu serait déjà bien occupé par les vidéos. La documentation photographique ne nous convenait pas, la trace vidéo n’avait pas d’intêrêt. Pour tout vous dire, l’idée était de les réaliser en miniature pour le lieu d’exposition, comme de micro- événements dans le parcours, et pris par le temps déjà de les réaliser taille réelle, nous avons préféré garder cette idée pour plus tard, une sorte de mobilier urbain sauvage. C’est un projet qui pourrait plus facilement se développer dans le cadre d’une manifestation organisée précisément dans l’espace public.Maurin :
C’est un choix : c’est peut-être cela l’entre-position, un défaut de position ! (Rires)Valérie S :
Peut-être ! (Rires aussi) Cette réflexion est légitime : être « entre », c’est d’une certaine façon, ne pas choisir de se positionner. Mais d’un autre côté, j’ai l’impression que l’entre-positionouvre aussi la possibilité d’envisager les choses et leurs contraires et éventuellement, à partir d’éléments distincts de re-créer, d’hybrider. C’est finalement tenter un mixage et proposer quelque chose d’autre. Je rêve où je suis en train de parler de cuisine ! ou peut-être suis-je en train de me mettre à faire de la rhétorique et à « révolter » Maurin ! Plus sérieusement, n’avez-vous pas la sensation que cette « entre-position » a des airs proches de ceux de la notion de « milieu » de Deleuze et Guattari ?◊◊◊

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[1] François Jullien « Traité de l’efficacité » Éditeur : LGF, Paris- Collection : Le Livre de poche4292Biblio essais

[2] Julie Pellegrin « Recoloniser l’espace public. Action directe & délinquances » ArtPress- n°hors-série sur la performance – 2008

 
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Annlor Codina

«Pendue» - Photographie Annlor Codina

Annlor Codina sera au PPCM le 25 septembre 2010

« J’ai grandi au-dessus de l’atelier de mon père forgeron/serrurier ; de cette proximité métallique j’ai gardé un goût pour la matière brute et sa transformation, pour les bruits répétitifs et mécaniques.

Avant d’entreprendre des études artistiques, j’ai vadrouillé et expérimenté des modes de vie dits alternatifs. De ce voyage je conserve un goût pour l’errance,  pour les rencontres, pour les trouvailles jubilatoires, pour l’improvisation et l’ingéniosité des astuces, ces tactiques utilisatrices désignées par Michel de Certeau[1] comme micro-résistances. L’univers alentour devient alors espace de jeu et de cueillette. Saisir les occasions, démonter et remonter la réalité. Transformer des entités finies ou déterminées  en matière première pour réinventer le quotidien.

Mes préoccupations artistiques aujourd’hui, interrogent les notions d’ordre et de désordre, leurs constructions, leurs imbrications, leurs complémentarités et leurs transformations. J‘explore la faille dans les systèmes, les dérèglements, à partir de sculptures évolutives ou performatives et d’installations vidéos et sonores.

A travers un procédé général : l’hybridation ou l’assemblage bricolé de mondes parfois antagonistes, je ruse, j’abuse les codes, je pervertis les visions idylliques pour que les objets ou les situations fabriqués, se  soustraient à un usage habituel du monde.

Ma manière de faire emprunte des méthodes issues du milieu «rave» (des musiques alternatives) : mixer le domestique ou les débris, combiner des objets emblématiques, dériver le fonctionnement des produits, raccorder des réalités disjointes.

Les productions de forme et de comportement des compagnies de théâtre de rue influence ma démarche

En utilisant une esthétique «Do it yourself», je fabrique une échappée vers un univers aigre doux à l’onirisme parfois cauchemardesque. »


1 Michel de Certeau,

L’invention du quotidien. 1- arts du faire, Paris, Gallimard, Folio essais 1990

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Before…L’arrière du garage

*Faire des étincelles - Photographie Annlor Codina -2010

Before…  L’arrière du garage

After …   Pavillon meublé

Vernissage au PPCM le 25 septembre 2010 pour une exposition qui en annonce une autre, Annlor Codina, jeune artiste issue des écoles d’art de Tarbes et de Montpellier, nouvellement installée à Nîmes.

Avec «L’arrière du Garage», Annlor Codina renvoie le PPCM à sa condition première d’atelier-garage : en cela, en un premier temps, elle remet de l’ordre. Mais ensuite, devant le mur du fond qui pourrait constituer un panneau mural de rangement d’outils de tout bricoleur qui se respecte, elle imagine une cible géante pour lancer de couteaux ! On est passé en un clin d’oeil de l’ordre au désordre.

Autre exemple : pour sa pièce en cours «Sauvagerie domestique», Annlor Codina associe un squelette de scooter avec une peau de bête (un renard), de celles que l’on portait en écharpe en un temps déraisonnable… Fourrure et mécanique, donc. Ces objets, apparemment antinomiques, résonnent de concert, si l’on écoute bien, d’une vibration métallique et cruelle. Ce sont deux objets de désirs et de nuisances, olfactivement similaires, du produit pétrolier au bain de tannage des peaux (Alun et sulfate d’Alumine : pouah). L’animation de la machine rendra l’objet hybride encore plus menaçant. Mais chut, je ne dévoilerai pas plus les pièces surprenantes qui composent cette exposition… Artelinea s’est contenté pour l’heur d’imaginer d’après le projet de l’artiste le PPCM en antre obscur et odorant d’un garagiste fatal et brutal… plutôt asocial, un braconnier bancal…

De cette exposition personnelle au PPCM, on rebondira sur un nouvel espace, « Zone de turbulences », rue Salomon Reinach, avec trois des amis artistes d’Annlor, Jérémie Dauliac, Didier Hébert-Guillon et Amandine Zaïdi, invités à prendre possession du «Pavillon meublé» dont parle l’annonce immobilière sur le flyer.

L’after sera bien entendu après… le vernissage au PPCM.

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Expositions du 25 septembre au 16 octobre 2010
Ouverture du jeudi au samedi, de 15 à 19 h et sur rendez-vous
Vernissage le samedi 25 septembre au PPCM à partir de 18 h
puis départs en convoi dès 20 h en Zone de turbulences //21 rue Salomon Reinach // 30000 Nîmes
Renseignements : 04 66 80 23 95 / 06 74 95 45 91 / 06 30 79 15 83
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ARTELINEA au PPCM // 51 rue des Tilleuls // 30000 Nîmes
https://artelineha.wordpress.com – Tél. 04 66 80 23 95 // 06 74 95 45 91
Avec le concours de la préfecture de région du Languedoc-Roussillon – Direction régionale des affaires culturelles, du Conseil régional du Languedoc- Roussillon et du Conseil général du Gard

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Boris du Boullay

Ben si j’ai un tél …
Boris du Boullay

Boris du Boullay

et un 33 tours de Nana Mouskouri (mais bon ça n’a rien à voir).
à+
Boris

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Nous avons vu d’abord vu en 2005 les Saynètes dont Boris disait :

Leur esprit, c’est l’étiquetage quotidien de pensées anodines, c’est pouvoir filmer comme écrire, en toute liberté, comme on passe l’aspirateur.

Le problème, c’est qu’ il disait aussi :

Puisque le cinéma, dans son dispositif d’enregistrement, dans cet étrange rapport au réel rapporté n’est pas capable de révéler, de retranscrire, de dire quelque chose de cette Vie, incessamment (non)-décrite par Michel Henry, dont on a la perception intime et certaine, mais qui échappe à toute phénoménologie de la donation, peut-on en deuxième instance réduire ce cinéma à une dyade réel/imaginaire et s’amuser à voir comment ce réel diégétique se laisse contaminer par un imaginaire né du geste premier, du geste minime, du pas de côté, voire du geste d’enfance, où le corps marqué de ce geste et restitué dans le champ d’une projection — d’où percerait du hors-champ de ces saynètes (un hors champ qui ne serait pas hors cadre, mais au contraire plein cadre, perceptif tout en étant hors d’atteinte de la vue), en contrepoint de leur aspect raté, foireux, absurde, improvisé, navrant, banal, paresseux, inabouti, inutile, oiseux et stupide, percerait peut-être la déception, une déception marquée par l’essai burlesque de faire quand même, mais si loin de la vie, encore, si loin de la vie encore sous l’emprise de la déception, la vie déceptive — où le corps donc incarne, comme une empreinte, une vie réelle projetée, ambiguë dans sa manifestation.

Et quand on a voulu d’autres explications, on s’est d’abord arrachés les cheveux et puis on a cliqué  inlassablement ici, ne riez pas, vous verrez que vous ferez de même !

C’est tout Boris, ça !

« Quand je serai grand, je ferai spiderman au plafond »

reste encore une bonne présentation de l’artiste,  malgré que ce ne soit pas un travail (un résultat de son activité) très récent.

D’autres pistes ? Quelques titres des Saynètes, Cycle  « la vie de tous les jours »

Je bois du lait pour la santé  2,6 Mo
"Alors, ça boume ?"  2,9 Mo
je fais mon corps électrique  2,6 Mo
je me cache pour jouer de la trompette     1,8 Mo
je fais les gestes de l'enfance   2,4 Mo
je dis des noms de footballeurs   6,8 Mo
je range avec Isabelle  3,2 Mo
je joue de la trompette comme Armstrong  1 Mo
j'ai un différend avec mon copain Philippe  3,9 Mo
j'ai un différend avec mon copain Philippe 2 - 3 Mo
je me mouche  1,1 Mo
je me cure les pieds  1,5 Mo
je dis j'adore chier  1,6 Mo
je chante Mireille   2,9 Mo
je me non caresse  2,1 Mo
je suis un bon garçon  1,7 Mo
je suis flou   868 Ko
mon travail  3,5 Mo
mes chips préférées 2,3 Mo
je discute avec elle 3 Mo
(...)
et un peu de documentation :
http://www.lesfilmsminute.com/

http://www.etna-cinema.net/

Boris du Boullay a fait partie des auteurs invités en résidence d’écriture visuelle sur les territoire de Belledone et du Chambaran (2007/2008) par « Scènes obliques », le Festival des Arpenteurs, en Isère bref, des personnes qui ont toute notre considération pour leur action, et nous avons vu ce film

Je suis descendu de la montagne à cheval à cheval

et nous avons écrit à Boris de revenir un peu à Nîmes, quand il pourrait, et faire quelque chose avec artelinea.

(à suivre dans un autre article sur une mini-résidence vidéo en mai 2009)


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Jean-Marc Demay
9 novembre 2008, 4:21
Filed under: artistes | Mots-clefs: , , , , , , ,

Mon travail se développe de manière aléatoire, au hasard de rencontres, de déplacements.

Les médiums auxquels j’ai recours sont variés (photographie, vidéo, installation, interventions dans l’espace public). Ce sont des moyens spécifiques qui s’imposent devant des situations particulières.

Mon attention se portent sur des événements qui semblent sans importance, pourtant il s’agit toujours d’infiltrer le réel par de légers dérèglements pour activer d’autres questionnements, perturber nos repères habituels, donner une portée singulière à des actions anodines.

J’interviens sur le réel en clandestin.

Jean-marc Demay


Jean-Marc Demay réalise ses travaux à partir des réflexions sur le système des signes qui codifient son quotidien. Par les micro-interventions, souvent liées aux opportunités que lui offre une coïncidence, l’artiste produit de « légers dérèglements » dans le réseau des repères qui délimitent notre perception du réel. Ses recherches interrogent la frontière entre le paysage et l’espace public. (…)

visuel-arbres3

Les séquences qui composent la vidéo Quand les arbres auront des dents constituent un prolongement des interventions de l’artiste dans l’espace public. Le geste dérisoire de secouer un arbre renoue avec sa symbolique traditionnelle de vie et de lien naturel entre les éléments. C’est aussi une manière de repenser son propre engagement : « Mon choix s’est porté sur le motif de l’arbre, invariant du paysage urbain, sorte de résidu artificiel de la nature dans la ville. Non pas le photographier, il est déjà immobile, mais le secouer, le faire trembler et filmer en plan fixe l’action. Ce geste à la fois absurde et dérisoire me permet de toucher le paysage, d’entrer en contact avec cette réalité, parfois de la modifier.

Derrière ce micro-événement il y a l’idée d’agir sur l’espace dans lequel je vis. Cette fable peut alors se rejouer dans n’importe quelle ville, infiniment, sous de multiples variations. »

Anna Olzewska

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